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CandidatsCarrièreLinkedInRecrutementJuillet 202610 min de lecture

6 ans après mes « 3 secrets de recruteur » : ce qui a vieilli, ce qui reste vrai

Par Thibault Martin

6 ans après mes « 3 secrets de recruteur » : ce qui a vieilli, ce qui reste vrai

En 2020, je publiais mes « 3 secrets de recruteur pour booster votre recherche d'emploi sur LinkedIn » . Six ans et des milliers de profils plus tard, je reviens dessus : ce qui a vieilli, ce qui reste vrai, et ce que je dis aujourd'hui aux candidats perdus dans leur recherche.

2020 : un article qui m'avait servi de boussole

En 2020, au premier confinement, j'avais publié sur LinkedIn un article intitulé « 3 secrets de recruteur pour booster votre recherche d'emploi ». À l'époque, je venais de passer des années à sourcer des commerciaux et des profils Go-to-Market, et j'avais voulu transmettre ce que je voyais de mon côté du téléphone : la façon dont les recruteurs cherchent vraiment, les mots-clés qu'ils tapent, les profils qui ressortent et ceux qui disparaissent.

Cet article, je l'ai utilisé comme référence pendant des années. Chaque fois qu'un candidat me disait « je suis perdu dans ma recherche », je le renvoyais aux trois secrets : comprendre comment travaille un recruteur, apparaître dans ses premiers résultats, attirer son attention. Trois piliers simples, fondés sur une idée de bon sens : vous êtes un produit, LinkedIn est une marketplace, et le recruteur est votre cible.

Six ans plus tard, je continue à sourcer des commerciaux, des RevOps et des dirigeants commerciaux pour le compte de scale-up SaaS et de boîtes tech. Et je m'adresse toujours à des candidats perdus — parfois les mêmes qu'en 2020, parfois une nouvelle génération qui n'a connu que ce marché tendu. Alors je me suis dit qu'il était temps de revenir sur mon propre article, honnêtement : ce qui a vieilli, ce qui reste vrai, et ce que je rajouterais aujourd'hui.


Ce qui a vieilli (et qu'il faut arrêter de croire)

Sortir du lot parmi des milliers de profils LinkedIn identiques

1. « Optimisez votre profil avec des mots-clés, vous serez trouvé »

En 2020, c'était vrai. Aujourd'hui, tout le monde a optimisé son profil. Le SEO LinkedIn est devenu un standard, pas un avantage. Les mots-clés vous font entrer dans la pile des 200 résultats booléens d'un recruteur — ils ne vous font plus sortir de la pile.

Je tape une requête booléenne aujourd'hui et je me retrouve avec 2 500 profils cohérents, dont 300 avec le titre exact, dont 80 avec les bonnes compétences, dont 20 qu'on pourrait appeler. L'enjeu n'est plus d'être dans les résultats. L'enjeu est d'être dans les 20 qu'on appelle — et pour ça, le SEO ne suffit plus.

2. « Activez OpenToWork, les recruteurs vous verront »

Le cadre vert OpenToWork a fait son temps. En 2020, il signalait une disponibilité et déclenchait de la bienveillance. En 2026, dans le marché SaaS/Tech que je connais, il a pris une connotation plus ambigüe : un peu de compassion, beaucoup de banalisation, et parfois même un signal négatif dans l'esprit de certains Hiring Managers qui se demandent « pourquoi tout le monde est ouvert en même temps ».

Je ne dis pas qu'il ne faut pas l'utiliser. Je dis qu'il ne faut plus s'y reposer. C'est un bouton, pas une stratégie.

3. « Soyez actif sur LinkedIn, publiez, commentez, vous serez visible »

C'était vrai quand peu de gens publiaient. En 2026, le fil est saturé de posts « thought leadership » formatés, de carrousels génériques et de prises de parole. La visibilité par la publication existe encore, mais elle demande une régularité et une sincérité que peu de candidats soutiennent sur la durée. Le post qui marche n'est plus le post « je suis disponible ». C'est le post qui prouve une expertise pointue, qui montre un vrai bout de terrain, et qui reste lisible en 20 secondes.

4. La recherche booléenne sur Google
site:linkedin.com/in

Le secret n°1 de mon article de 2020 expliquait comment les recruteurs construisent des requêtes booléennes dans Google pour cibler LinkedIn. C'est toujours vrai techniquement. Mais ce qui a changé, c'est que la plupart des recruteurs ne font plus ça à la main. Les outils de sourcing ont intégré l'IA, LinkedIn a ses propres filtres enrichis, et les requêtes complexes sont devenues des prompts en langage naturel. Le candidat qui croit encore que « mettre Paris AND SaaS AND Account Executive » suffit à le rendre unique se trompe d'échelle.


Ce qui reste vrai (et que je n'arrêterai jamais de répéter)

1. Vous devez comprendre comment travaille votre cible

C'est le secret n°1 de 2020, et c'est le seul que je n'ai jamais eu à corriger. Un candidat qui se met dans la peau du recruteur — qui comprend ce que je cherche, dans quel contexte, sous quelle pression, avec quels outils — gagne contre celui qui envoie un CV générique à 80 entreprises.

Je recrute des commerciaux. Quand un Account Executive me contacte et qu'il a lu la fiche de poste, qu'il sait pourquoi le mandat est ouvert, qu'il connaît le stage de la boîte (Series A, Series B, scale-up mature), il me fait gagner trente minutes. Quand il m'envoie un « voici mon CV, disponible pour toute opportunité », il me fait perdre trente secondes — et je n'ai pas trente secondes.

2. Vous êtes un produit. LinkedIn est votre marketplace.

L'idée centrale de l'article de 2020 reste la plus puissante : ne vous présentez pas comme un employé, présentez-vous comme une solution. Votre titre LinkedIn n'est pas votre fonction. C'est votre proposition de valeur. « Account Executive SaaS | +127% du quota 2024 | je débloque les comptes complexes » m'arrête en scrolling. « Commercial » ne m'arrête pas.

3. La proposition de valeur est votre argumentaire de vente

Le jour où vous pouvez répondre en une phrase à « pourquoi vous plutôt qu'un autre ? », votre recherche d'emploi change. La plupart des candidats perdus le sont précisément parce qu'ils n'ont jamais formulé cette phrase. Ils ont un parcours, des compétences, une ancienneté — mais pas de proposition de valeur articulée.

C'est le travail le plus ingrat et le plus rentable d'une recherche d'emploi : se regarder en face, identifier ses trois forces distinctes, les transformer en preuves, et les porter partout — dans le titre LinkedIn, dans le résumé, dans le premier message au recruteur, dans l'entretien.

À lire aussi — La méthode STAR ne sert pas qu'en entretien. Elle structure aussi une proposition de valeur percutante sur LinkedIn : ce qui est vrai pour convaincre un recruteur en face-à-face l'est tout autant pour le convaincre en scrolling. Lien vers l'article → Réussir son entretien de recrutement en Sales : la méthode STAR et l'impact par interlocuteur


Ce que j'ai appris en 6 ans (et que je n'écrivais pas en 2020)

Thibault Martin, fondateur de 20M — 20 ans de chasse Sales & GTM

Le marché ne fait plus de cadeaux, mais il recrute encore

En 2020, le marché SaaS était euphorique. On recrutait vite, on surpaiait, on pardonnait les trous dans les CV. En 2026, dans le segment que je connais (Paris, Île-de-France, France et Europe), le marché est plus exigeant, plus sélectif, plus lent à décider. Mais il recrute toujours, et il recrute même très bien — pour des profils qui savent se positionner.

Les candidats perdus ne le sont pas parce qu'il n'y a pas de poste. Ils le sont parce qu'ils ne savent plus à qui parler, comment parler, ni quoi dire. Le marché n'a pas disparu : il s'est concentré sur les profils qui savent exister.

Les meilleurs candidats de 2026 ne cherchent pas, ils sont cherchés

C'est peut-être ma plus grande prise de conscience de recruteur depuis 2020. Les profils que je place aujourd'hui ne sont presque jamais « en recherche active ». Ils sont en poste, ils font bien leur travail, et ils sont approchés. Le candidat qui attend d'être OpenToWork pour démarrer sa recherche a déjà trois trains de retard.

Ma recommandation, devenue obsessionnelle : construisez votre visibilité avant d'en avoir besoin. Pas en publiant tous les jours. En faisant en sorte que le jour où vous voulez bouger, votre profil est déjà aligné, votre réseau déjà vivant, et votre nom déjà connu de deux ou trois recruteurs qui vous suivent.

La première impression se joue sur un titre, pas sur un CV

En 2020, je disais « votre profil LinkedIn n'est pas votre CV ». En 2026, c'est devenu plus radical : le titre LinkedIn est la première impression, le CV la dernière. Un recruteur décide en 4 secondes s'il lit la suite. Ces 4 secondes, c'est votre titre, votre photo, et la première ligne de votre résumé. Si ces trois éléments ne disent pas « je suis la solution à un problème que vous avez », le reste ne se lit pas.

Les candidats les plus perdus sont souvent les plus expérimentés

C'est un apprentissage de terrain. Les juniors savent qu'ils doivent s'accrocher et ils s'accrochent. Les seniors, eux, sont parfois les plus démunis : ils n'ont jamais vraiment cherché, ils ont toujours été appelés, et ils découvrent le marché tel qu'il est en 2026 comme une claque. Leur recherche d'emploi est souvent plus longue, plus solitaire, plus fière aussi. C'est à eux que je destine le plus souvent mes conseils.

Le bon recruteur vaut mieux que le bon profil LinkedIn

Dernier apprentissage, et peut-être le plus important. En 2020, je vous disais d'optimiser votre profil pour que les recruteurs vous trouvent. En 2026, je vous dis surtout : identifiez un ou deux recruteurs de confiance sur votre métier, et entretenez la relation. Un bon recruteur connaît les mandats non publiés, vous prépare, vous défend, vous rappelle. Il vaut mieux être suivi par un Thibault qui place des commerciaux SaaS depuis quinze ans que d'avoir un profil optimisé pour mille recruteurs qui ne liront jamais.


La version 2026 de mes trois secrets

Si je devais réécrire l'article de 2020 en une seule phrase par secret, ça donnerait ça :

  1. Comprendre comment travaille un recruteur — toujours vrai, mais aujourd'hui le recruteur travaille avec l'IA, sous pression de temps, et sur des mandats plus ciblés. Adaptez votre positionnement à ce qu'il cherche vraiment, pas à ce qu'il affiche.
  2. Apparaître dans ses premiers résultats — ne suffit plus. L'enjeu n'est plus d'être trouvé, mais d'être choisi parmi les trouvés. La différence, c'est la proposition de valeur et la preuve.
  3. Attirer son attention — ne se fait plus par le volume d'activité, mais par la précision du signal. Un message court, personnalisé, qui prouve que vous avez lu, vaut mille posts.

Ce que je dis aux candidats perdus aujourd'hui

Si vous lisez cet article et que vous êtes perdu dans votre recherche, voilà ce que je vous dirais, comme je le dis à mes candidats :

  • Arrêtez de vous demander pourquoi on ne vous rappelle pas. La question n'est pas « pourquoi eux », c'est « qu'est-ce que je raconte de différent ». Reformulez votre proposition de valeur. En une phrase. Avec des preuves.
  • Ne diffusez pas votre CV à 80 entreprises. Identifiez quinze cibles réelles, des boîtes qui recrutent votre profil, et contactez un humain dans chacune. Le bon recruteur, le Hiring Manager, ou un directeur du métier.
  • Mettez votre profil LinkedIn à hauteur de ce que vous valez. Pas pour être trouvé — pour être choisi. Titre, résumé, premières lignes : tout doit servir la proposition de valeur.
  • Construisez la relation avant d'en avoir besoin. Surtout si vous êtes en poste. C'est le meilleur moment pour se faire connaître, pas le pire.
  • Ne restez pas seul. Un bon recruteur sur votre métier vous fait gagner des mois. Cherchez-le, choisissez-le, et laissez-le travailler.

Pour conclure

L'article de 2020 reste bon. Ses principes sont restés. Mais le contexte a changé, les outils ont changé, et le marché a changé. Ce qui marchait en 2020 — optimiser un profil, activer OpenToWork, être actif — ne suffit plus en 2026. Ce qui marche en 2026, c'est ce qui marchait déjà en fond : comprendre votre cible, vous positionner comme une solution, et faire confiance à un humain qui connaît votre marché.

Si vous êtes commercial, expert GTM ou dirigeant commercial, en poste ou en recherche, et que vous voulez qu'on parle de votre positionnement — écrivez-moi. Je ne place que sur ce segment, je connais les mandats ouverts, et je vous dirai honnêtement si votre profil a un chemin ou non. C'est ça, le vrai secret de 2026 : un bon recruteur ne se contente pas de vous trouver, il vous dit la vérité.

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Thibault Martin

Écrit par

Thibault Martin

Fondateur de 20M, chasseur Sales & GTM. 20 ans de recrutement entre cabinets (Michael Page, Robert Walters) et éditeurs Tech (Microsoft, Lectra, Murex). Il chasse commerciaux, experts Go-to-Market et Revenue Leaders pour les scale-ups Tech B2B, en France et en Europe.

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